C'est un peu le sujet chaud du moment, que ce soit sur les sites d'actus mangas, sur les forums, sur les réseaux sociaux : Jojo est de retour ! La très longue saga d'Hirohiko Araki (dont on compte maintenant 8 saisons et plus de 100 volumes) voit enfin ses premiers volumes être réédités par Tonkam. Enfin, pas vraiment les premiers volumes puisqu'il s'agit en fait de ceux de la troisième partie de la série, appelée Stardust Crusaders, et qui débute au volume 12 de la série originale (qui compte 63 tomes). Malgré une adaptation/traduction qui a fait polémique (avec des incohérences entre les divers traducteurs), les nouveaux lecteurs débutent donc par le milieu la série. Si beaucoup continuent à considérer que chaque "saison" de Jojo est indépendante et peut se lire sans connaitre le reste de la saga, ce n'est pas mon cas et mon expérience personnelle (ayant débuté Golden Wind, la 5ème partie, avant d'avoir lu les 46 volumes précédents) m'a montré que pour apprécier la série, la connaitre dans son intégralité est un vrai plus, à tous points de vue. Et c'est donc de ces premiers volumes dont je vais vous parler aujourd'hui, et plus précisément des (presque) 5 premiers, correspondant à la première saison, Phantom Blood.


Ce qui revient le plus souvent lorsque l'on évoque ce début de série, c'est le style très "Hokuto no Ken" du graphisme. Et il est vrai que la musculature impressionnante de nos héros couplée à des différences de proportions saisissantes, un aspect lacrimal appuyé et une certaine violence visuelle font fortement penser à l'oeuvre du duo Buronson/Hara. Mais ce n'est finalement qu'un jugement de forme et non sur le fond, qui pose déjà les bases d'un titre unique et qui ne ressemblera à aucun autre. Nous faisons donc connaissance avec notre premier Jojo, Jonathan Joestar, fils d'aristocrate londonien vivant dans le dernier quart du 19ème siècle. Cette première partie peut se décomposer elle-même en 3 phases : l'enfance de nos héros, avec la rivalité naissant rapidement entre Jonathan et son "frère" Dio, leur adolescence avec la mise en exécution du plan de Dio puis le retour de ce dernier amenant au combat final. Au coeur du récit, un étrange masque de pierre, récupéré par lord Joestar et dont les pouvoirs secrets vont bouleverser la vie de cette famille aristocratique sans histoire. Nous n'allons pas revenir sur l'aspect graphique, dont le style old-school pourrait en rebuter certains (même s'il est très loin d'être mauvais), nous n'allons pas non plus parler de la qualité d'édition de J'ai Lu (dont les défauts sont nombreux mais, magré leur âge avancé, les volumes demeurent toujours en très bon état), mais nous allons nous pencher un petit peu sur les principaux choix d'Hirohiko Araki et les évènements marquants de cette première partie.
Commençons par notre Jojo 1er du nom. Juste, droit, véritable gentleman, Jonathan Joestar est l'archétype de l'aristocrate britannique. Lors de l'arrivée de son nouveau frère, Dio, Jonathan va tout faire pour se faire bien voir et se lier d'amitié avec celui qui est destiné à rejoindre sa famille. Un comportement qui lui vaudra une inimitié de plus en plus prononcée de la part de son futur rival. De son côté, Dio est d'un caractère volontaire, combatif, et sa volonté de se sortir de sa situation familiale peu enviable va en faire un adversaire redoutable pour notre héros, un adversaire qui ne reculera devant rien pour arriver à ses fins. Peut-être l'un des méchants les plus charismatiques du shonen. Au niveau des autres personnages, notons 4 principaux alliés pour Dio qui, outre son larbin de service chinois, va récupérer dans son équipe un certain Jack l'éventreur et des anciens guerriers légendaires britanniques, Tarkus et Bruford (merci Tori pour le rappel des noms ^^) Pour notre héros, le principal soutien sera celui de Zeppeli, Speedwagon étant un soutien plus moral que physique... Et il y a bien entendu Erina... Si vous avez lu un résumé de cette première partie, vous savez déjà que Phantom Blood (et la suite de la série évidemment) contient une dose de fantastique, dose qui arrive via un mystérieux masque de pierre qui transforme celui qui le porte en un vampire. Grâce à monsieur Zeppeli, qui a cherché pendant de longues années à retrouver ce masque et mis au point une technique, la technique de l'onde, pour contrer son pouvoir, Jonathan va réussir à se dresser sur le chemin de Dio, dont l'objectif sera de conquérir le monde. Et vaincre Dio ne sera pas simple, le prix à payer étant très élevé...
En moins de 5 volumes, Phantom Blood tente de mettre en place un univers, lance les premières pierres d'une histoire familiale qui va s'étendre sur plusieurs dizaines d'années, sur plusieurs générations et pose aussi les bases d'un monde où les affrontements seront différents et où la réflexion aura une place prépondérante. Assez accessoire pour le moment, malgré des attaques pensées selon les points forts et faibles de chacun des protagonistes, cet aspect sera de plus en plus poussé à l'avenir. Et c'est à ce moment-là que Jojo commencera à réellement sortir du lot. En tout cas, avec ce début de série, Jojo's Bizarre Adventure offre de jolies perspectives et, à ce stade de la lecture, difficile de savoir ce que la suite nous réserve. Dio est-il mort ? Quel sort attend Erina, le bébé qu'elle vient de sauver et celui qui l'attend ? Bref, suffisamment de questions intéressantes pour se lancer dans la seconde partie, Battle Tendency, qui nous mènera jusqu'au tome 12 et Stardust Crusaders, 3ème partie actuellement publiée par Tonkam.
Saiko 27/02/2013 11:59
Saiko 26/02/2013 21:26
ivan isaak 26/02/2013 22:42